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Bärbel Inhelder

Bärbel Inhelder

Bärbel Inhelder. Photo: Jean Mohr

Bärbel Inhelder, fille unique de Alfred Inhelder, professeur de sciences naturelles à l'école normale de Rorschach et de Elsa Spannagel, d'origine allemande, est née le 15 avril 1913 à Saint Gallen. Après sa scolarité obligatoire elle suit les cours de l'école normale de Rorschach, où elle obtient son brevet d'enseignante. En 1932, elle s'inscrit à l'Institut Jean-Jacques Rousseau de Genève, et suit les cours de Claparède, Bovet et Piaget. Dès la première année de ses études, elle entreprend des recherches expérimentales avec Piaget, d'abord comme étudiante, puis comme assistante bénévole (de 1936 à 1938 ). Sa recherche sur la dissolution du sucre donnera lieu à son premier article sur Observations sur le principe de conservation dans la physique de l'enfant. (1936).

En 1938 elle retourne à Saint Gallen, où elle met sur pied la première consultation psychopédagogique du canton, tout en travaillant sur sa thèse intitulée Le diagnostic du raisonnement chez les débiles mentaux, qu'elle soutiendra en 1943. De retour à Genève, elle travaille comme chef de travaux, puis professeur ordinaire en 1948 et continue à collaborer avec Piaget. Cette collaboration donnera lieu à un grand nombre de livres et articles, dont Le développement des quantités chez l'enfant (Piaget & Inhelder, 1941), La géométrie spontanée de l'enfant (Piaget, Inhelder & Szeminska, 1948), La représenatation de l'espace (Piaget & Inhelder 1948), etc.

J. Piaget et B. Inhelder à Temple University en 1971.

Dans les années 1950, alors que Piaget est préoccupé par l'épistémologie, Bärbel Inhelder se centre sur les aspects fonctionnels de la construction des connaissance. Avec une équipe de jeunes chercheurs elle étudie la construction de la méthode expérimentale chez l'enfant et l'adolescent, et met en évidence le stade des opérations formelles (De la logique de l'enfant à la logique de l'adolescent, Inhelder & Piaget,1955). De 1953 à 1955 elle participe à une série de conférences organisées par la Division de santé mentale de l'OMS qu'elle éditera avec Jim Tanner (Discussions in Child Development, Tanner & Inhelder (Eds.), Vol I1956; Vol II & III,1958; Vol IV, 1960). Parmi les participants se trouvent Konrad Lorenz, Margaret Mead, John Bowlby, René Zazzo, Erik Erikson, Julian Huxley et Jean Piaget. Cette participation lui vaut plusieurs invitations aux Etats Unis, où elle aura le privilège de rencontrer un grand nombre personnalités de la psychologie américaine. Plusieurs d'entre eux deviendront des amis, avec lesquelles elle restera en contact durant toute sa vie.

Entre 1960 -1970 elle poursuit ses travaux en collaboration avec Piaget dans le domaine de l'image mentale, et la mémoire (L'image mentale chez l'enfant, Piaget & Inhelder, 1966; Mémoire et intelligence, Piaget & Inhelder, 1968). En 1961 elle est invitée par Jerome Bruner au Centre d'Etudes Cognitives de Harvard, qu'il vient de créer. Faute de pouvoir prendre une année sabbatique complète, Bärbel Inhelder y restera seulement 4 mois, très riches non seulement du point de vue professionnel mais aussi personnel. En 1968 elle est élue professeur à Ratcliff College de Harvard, poste important et prestigieux qu'elle refusera par fidélité à Genève et à Piaget. C'est à ce moment qu'elle commence ses travaux sur l'apprentissage des structures opératoires, avec Hermine Sinclair et Magali Bovet. La publication qui en résulte, (Apprentissage et structures de la connaissance, Inhelder, Sinclair, Bovet, 1974) parue en même temps en anglais et en français, suscitera critiques et discussions, et les expériences qui y figurent donneront lieu à une multitude de réplications.

Pendant les années 70, elle dirige un projet de recherches interculturelles en Côte d'Ivoire, en utilisant les épreuves piagétiennes pour étudier le développement de l'intelligence chez les enfant baoulés. Après la retraite de Piaget, en 1971 elle lui succède dans la chaire de psychologie génétique et expérimentale, sujets qu'elle enseignera jusqu'à sa propre retraite, en 1983. C'est durant cette période qu'elle entreprend les travaux sur les stratégies de découvertes chez l'enfant, mettant l'accent sur l'aspect fonctionnel de l'intelligence. Les travaux de son équipe donneront lieu à son dernier ouvrage Le cheminement des découvertes de l'enfant (1992).

B. Inhelder et J. Piaget aux Archives, 1978. Photo: Mayor

En 1974 elle crée la Fondation Archives Jean Piaget, centre de documentation et de recherche réunissant les écrits de Piaget ainsi que des travaux inspirés par l'école piagétienne, qu'elle dirigera d'abord comme directrice, puis comme présidente du comité scientifique, jusqu'à son décès survenu le 17 février 1997.

 
Durant sa longue et productive carrière universitaire, Bärbel Inhelder a reçu de nombreux prix et distinctions scientifiques ainsi qu'une douzaine de doctorats honoris causa.

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